Communiqué de presse

L'OBSERVATOIRE DU DROIT à L'ALIMENTATION ET à LA NUTRITION 2012

QUI DECIDE DES QUESTIONS D'ALIMENTATION ET DE NUTRITION A L'ECHELLE MONDIALE ?

Les stratégies pour reprendre le contrôle

L'Observatoire du droit à l'alimentation et à la nutrition 2012  

Lancements prévus à Asunción, Bangui, Barcelone, Berlin, Bogota, Boston, Bruxelles, Cordoba, Cotonou, Dakar, Genève, La Paz, Kinshasa, Mexico, Nairobi, Nantes, New York, Oaxaca, Ouagadougou, Quezon City, Quito, Paris, Rome, Sokodé, Vienne, Washington DC, Yamoussoukro, Ziroobwe et dans de nombreuses autres villes !

Regarder la présentation de l'Observatoire à Genève en présence de Flavio Valente (FIAN), Peter Prove (EAA), Huguette Akplogan-Dossa (RAPDA), Abdessalam Ould Ahmed (FAO) et Lalji Desai (WAMIP)!   http://www.livestream.com/genevapressclub/video?clipId=pla_3af7204a-7327-4c74-addc-233ad32d910e

Communiqué de presse

Occuper le système alimentaire !

Les organisations de la société civile appellent à un changement quant aux prises de décision sur l'alimentation et la nutrition à l'échelle mondiale

Genève, le 25 septembre 2012 – À l'occasion de la présentation du cinquième rapport annuel sur le droit à l'alimentation et à la nutrition, les représentants de la société civile déclarent qu'il est impossible de lutter contre les causes de la faim tout en gardant intactes les relations de pouvoir existantes. « L’alimentation et le pouvoir sont liés. Il est quasiment impossible de trouver une personne parmi les plus influentes de la politique et de la société qui ne puisse manger à sa faim », a déclaré Huguette Akplogan-Dossa, Coordinatrice régionale du Réseau africain pour le droit à l'alimentation (RAPDA). « L’exclusion de la prise de décisions économiques et politiques va généralement de pair avec un plus grand risque de souffrir de la faim et de la malnutrition. »
 
Le rapport global de l'Observatoire du droit à l'alimentation et à la nutrition 2012, intitulé « Qui décide des questions d'alimentation et de nutrition à l'échelle mondiale - Les stratégies pour reprendre le contrôle », donne une multitude d'exemples de violations graves du droit à l'alimentation et à la nutrition provoquées par le système  alimentaire actuel : expulsions forcées et accaparement des terres par des entreprises ou des membres corrompus des gouvernements, comme en témoignent les articles sur le Mexique et sur le Printemps arabe, ou encore programmes d'approvisionnement en denrées alimentaires inappropriés et investissements spéculatifs dans les agrocarburants, comme décrits dans les articles sur le Bangladesh, le Paraguay et les Philippines. « Les personnes qui protestent parce qu'elles ont été privées de leurs terres et ne peuvent plus nourrir leur famille de leur travail sont souvent arrêtées et victimes de violence. C'est inacceptable », a déclaré Gerald Staberock, Secrétaire général de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

« Nous ne pouvons plus accepter la faim chronique ou les émeutes de la faim dépeintes comme des conséquences de catastrophes naturelles ou de défaillances anonymes du marché », a rajouté Lalji Desai, Secrétaire général de l'Alliance mondiale des peuples autochtones mobiles et des pastoralistes nomades (WAMIP). « Les terribles conditions de vie de centaines de millions de personnes sont en fait causées par leur perte de contrôle sur leur alimentation et leur nutrition. C'est pourquoi nous luttons pour notre droit à l'autodétermination et à la souveraineté alimentaire».
 
L'Observatoire du droit à l'alimentation et à la nutrition 2012 fait la lumière sur les acteurs qui contrôlent la prise de décision et l'élaboration des politiques concernant l'alimentation et la nutrition. « Trop souvent, les multinationales de l'agriculture et de la nutrition utilisent leur poids et leur influence pour augmenter leurs marges bénéficiaires et manipulent les règles à leurs intérêts et convenance, sans tenir compte des intérêts des personnes pratiquant la petite agriculture et de la survie de leurs communautés - ou encore des exigences morales et juridiques qu'impliquent le droit à l'alimentation », a observé Peter Prove, Directeur exécutif de l'Alliance œcuménique « Agir Ensemble » (EAA).
 
En réaction, les mouvements sociaux et d'autres acteurs de la société civile se sont engagés dans des stratégies visant la reprise de contrôle sur l'alimentation et la nutrition par les populations. « En 2009, une nouvelle modalité de gouvernance inclusive a vu le jour avec la réforme du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA). Elle a permis une percée particulière des groupes de la société civile traditionnellement exclus des processus décisionnels à tous les niveaux », a déclaré Flavio Valente, Secrétaire général de FIAN International. « Le temps est venu d'occuper l'espace politique et de lutter pour la primauté des droits humains.» 

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Les membres du Consortium de l'Observatoire du droit à l'alimentation et à la nutrition